Selon un rapport de Dell et de l’Institut pour le Futur paru en juillet 2017, « 85% des métiers de 2030 n’existent pas aujourd’hui ». Autre statistique qui peut paraître effrayante : 88% des personnes interrogées dans le cadre d’une étude menée par Pierre Audoin Consultants pour Fujitsu considèrent que l’essor de l’Intelligence Artificielle sera l’un des trois facteurs qui façonnera le monde du travail d’ici à 2025. C’est dans ce contexte changeant que l’hebdomadaire Stratégies a organisé fin mars sa 8ème conférence Disruption RH autour de la question « Comment réagir à cette obsolescence programmée des compétences ? »

Une transformation des métiers et des compétences qui a déjà commencé.

Selon Olivier Bas, vice-président d’Havas Paris, « il y a des métiers qui disparaissent déjà, remplacés par d’autres. C’est le cas par exemple dans la vente en face à face, qui pâtit de la croissance du e-commerce. Dans le même temps, de nouveaux métiers se développent fortement par exemple autour de la donnée (data analyst, data scientist). » Philippe Dumé, ancien directeur de la transformation digitale d’Alstom confirme que « les nouvelles technologies automatisent un certain nombre de jobs, par exemple dans le contrôle qualité chez Alstom. Il y a des technologies qui permettent aujourd’hui de dire si toutes les pièces d’un train sont bien là. »

La montée en puissance de l’Intelligence Artificielle devrait encore accélérer ces transformations. Philippe Dumé précise : « Aujourd’hui, nous sommes capables de cartographier compétence par compétence, celles qui vont disparaître à court ou moyen terme. »

Le manager devra utiliser ces données pour accompagner la transformation de ses équipes.

 

De nouveaux outils de formation se développent.

Philippe Dumé observe : « Aujourd’hui, une compétence technologique a une durée de vie de 5 ans en entreprise, il faut donc anticiper l’évolution des métiers. » Il devient donc nécessaire pour le collaborateur d’être formé en permanence. Justement, de nouvelles formes de formation apparaissent et rendent possible la transformation des métiers au quotidien.

Olivier Bas explique qu’auparavant, les départs en formation désorganisaient totalement les services au sein d’une entreprise. Aujourd’hui, le développement du micro-learning, des modules de formation très courts, règle ce problème.

Les innovations en matière de formation permettent même d’aller plus loin : le développement de l’adaptive learning, qui mêle algorithmes, psychologie cognitive et big data permet même de personnaliser l’enseignement. Cela aboutit à la création de modules disponibles sur smartphone, qui durent une minute par jour, et permettraient une mémorisation des compétences de 70% au bout de deux mois. Le tout pour un coût cinq fois inférieur à une formation classique.

 

Développer la capacité à changer de métier.

Comment les collaborateurs peuvent-ils s’adapter dans ce contexte d’évolution permanente ? Selon Claire Pascal, DG de Commundi, « l’idée n’est plus de former à des métiers mais d’apporter des capacités à changer de métier et à s’adapter, de fournir un socle de compétences linguistiques, digitales… »

Un autre défi clé, pour les entreprises, est de préparer les collaborateurs à des compétences nouvelles qui, par définition, ne sont pas enseignées à l’école ou dans les organismes de formation. Lors des recrutements, les candidats posent des questions sur les diversités des technos sur lesquelles il va travailler, sur les types de projets etc… Les recruteurs doivent désormais rassurer candidats comme collaborateurs, en leur montrant que l’entreprise a un projet pour eux. C’est en cela que la formation devient cruciale pour les entreprises, tant pour recruter que pour conserver ses meilleurs éléments.

 

Pour en savoir plus.